On revient toujours au Tour

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« On revient toujours au Tour… » Lancée par un vieux copain de salle de presse, la sentence est tellement vraie. On peut prendre ses distances, s’en détacher quelques années puis goûter à nouveau à ces trois semaines hors du temps avec gourmandise. Partir au Tour, c’est entrer dans une bulle où la vie est tracée par les flèches jaunes qui indiquent le parcours de l’étape. Il y a certainement un côté infantile à s’immerger dans ce monde parallèle comme on jouait aux petits coureurs de plomb que l’on faisait avancer en lançant une bille. C’était hier. Bien avant les plays station et la vie racontée en 140 signes . Les idoles s’appelaient Thevenet et Hinault et 40 ans plus tard, les croiser chaque matin fait ressurgir les images d’enfant.

On revient toujours au Tour parce qu’il fait partie d’un patrimoine et d’une culture. Un nom de ville ou de cols s’associe à un coureur, un exploit ou tout simplement à un moment partagé au bord de la route. C’est un espèce d’atlas de la géographie de France, revisité dans la roue du peloton. Revel? Petite ville de Haute-Garonne, rouspéterait un professeur de géo. Victoire d’étape d’Outchakov, rétorque le suiveur, interloqué de ce souvenir d’une journée comme un autre il y a bientôt 20 ans. La mémoire humaine est parfois surprenante.

On revient toujours au Tour pour vivre la douce euphorie du grand départ. Dire que la Hollande aime le vélo est un cliché. Il suffit de se poser dans les virages de l’Alpe d’Huez pour partager un peu de bière et beaucoup de ferveur (ou le contraire) avec les joyeux braillards en orange pour en être persuadé. Hier, la présentation des coureurs était un beau moment. La journée d’une équipe à 48 heures du premier départ est pourtant un marathon sans fin, débuté par un examen biologique et poursuivi par deux heures d’entrainement par 38 degrés, un repas vite avalé, une conférence de presse, une réunion avec ASO et la présentation officielle des équipes. Ils ont pédalé, transpiré, parlé, patienté, écouté et donné de leur temps avec le sourire. Sacrés bonhommes aux visages émaciés, concentrés désormais vers l’objectif d’une année de vélo.

On revient toujours au Tour. En acteur ou en témoin. Avec cette année la chance unique de le vivre au milieu d’une troupe d’hommes et de femmes à la fois modestes et sereins, décidés à écrire une nouvelle page de la belle saga de l’équipe AG2R LA MONDIALE. Pour la première fois, le but n’est pas le plaisir égoïste de l’écriture et du moment présent.

C’est d’apporter une petite pierre à de belles ambitions et de donner, chacun dans son domaine, l’énergie qui permettra à nos mecs en ciel et terre de déplacer des montagnes.

On revient toujours au Tour. Celui ci sera beau… C’est certain.