Retour au Tour

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Romain Julien jour de victoire AG2R

La première, c’était en 1995. La dernière, dans son intégralité, en 2005. Né en juillet 1965, forza Gimondi, je vais finir par croire aux chiffres… Dans quelques jours, je serai de retour sur la Grande Boucle… 2015 pour vivre trois semaines sur le Tour de France, au sein de l’équipe AG2R LA MONDIALE. J’ai aimé avec passion la première partie de ma vie dans le cyclisme, journaliste un peu à l’ancienne, fasciné par la course, les plaisirs du voyage, les moments de vagabondage, les saveurs de la belle écriture et du papier trop long mais qu’on publie quand même. Les médias fonctionnaient encore sur trois pieds, presse écrite, radio et télé. J’ai eu la chance de croiser les grandes plumes de l’époque d’avant, Pierre Chany, lors mon premier Tour dans la voiture du Dauphiné, Michel Clare, rencontré sur les pentes enneigées, Jean-Yves Donor du Figaro et bien d’autres. Sans oublier Thierry Cazeneuve, compagnon de route et garant de l’héritage et de la mémoire, et une joyeuse équipe pour qui le Guide Michelin était le meilleur des livres de route. Ce furent de beaux moments où le rire et la bonne humeur se mêlaient à la décharge d’adrénaline du papier à boucler, de l’ordinateur qui plante et de l’article à refaire dans l’urgence. On a bossé dans des gymnases, des stades, des salles de presse, sur le capot de la voiture ou assis dans l’herbe. On a écrit sur la victoire, la défaite, la blessure, la mort, la souffrance, le dopage, les champions, les anonymes, les suiveurs, les salauds et même sur des cons. La période était trouble et la véracité de la copie du jour n’avait parfois qu’une espérance de vie de quelques heures. Durant cette période, j’ai été proche de Lance Armstrong et, des années plus tard, malgré des convictions et un amour du sport et de ses valeurs marqué, j’assume d’avoir apprécié l’homme et son caractère en acier trempé. L’époque était illisible et les papiers de l’époque ont pris un sacré coup de vieux. J’ai arraché le dossard en 2005, certainement un peu las de cette vie de bohème et de ce sport traficoté. Dans quelques jours, je reviendrai dans la caravane pour une nouvelle expérience. Depuis le mois de novembre, je partage le quotidien de l’équipe AG2R LA MONDIALE. Après avoir été journaliste, travaillé pour des organisations aussi belles que le Critérium du Dauphiné Libéré canal historique et les GP Cyclistes Québec et Montréal et même épousé une championne sur piste, je découvre le quotidien des acteurs principaux de ce grand spectacle itinérant. J’aime cette expérience. Cette équipe est un groupe uni et solidaire et dégage des vertus qui donnent envie de se transcender même pour écrire un tweet de 140 signes #compris ou gérer au mieux la cohue d’une ligne d’arrivée un jour de victoire. En intégrant la formation de Vincent Lavenu, je rejoins mon équipe nationale, born in Chambéry elle aussi, et, au fil des jours, je mesure encore plus combien le métier de coureur cycliste est un morceau de bravoure. Ce blog ne sera pas une immersion dans la coulisse d’une équipe. Ce sera juste un carnet de route, une respiration dans un monde en effervescence. Avec des mots, des images, un usage minimum du Je (désolé pour aujourd’hui) et des sensations que procure ce voyage itinérant à travers la France, dans la roue du peloton.